Début d’un nouveau cycle annuel de la montée des eaux du Tanganyika

Depuis ce 1er Janvier 2022, il s’observe une accélération de la montée des eaux dans les villes côtières du lac Tanganyika dans la région des grands lacs Africains. Tel est le constat d’une équipe d’experts en gestion des risques de catastrophes de l’Initiative pour la Gestion des Risques de Catastrophes en Afrique DRM Africa ayant descendu sur le terrain et au port de Bujumbura pour s’enquérir de la situation sur le terrain, et conduite par le coordonnateur de cette initiative Mr. Kashindi Pierre.

En référence à l’échelle de mesurage du niveau des eaux érigée sur le quai du Port International de Bujumbura au Burundi, plus de 30 centimètres ont déjà été englouties par les eaux du lac par rapport au niveau du 30 décembre 2021 selon les écarts de 776.90 mètres contre 776.60 mètres du niveau du début Janvier.


Pendant que plusieurs endroits jadis secs s’humidifient davantage dans plusieurs quartiers des côtes Congolaises de la ville d’Uvira, d’autres topographiquement bas se remplissent des eaux.Le même constat a été fait aux alentours de la lagune Nyangara située dans quartier Kilomoni de la ville d’Uvira où plusieurs centaines de maisons jadis situées plus près de cette dernière se retrouvent actuellement sur les eaux. Des milliers d’autres sont en voie d’être inondées semant un sentiment de désolation aux propriétaires desdits maisons.

Des habitants inquiets de l’invasion des eaux dans leurs habitations

Une Maison d’habitation vidée de ses occupants de suite de la montée des eaux du lac Tanganyika


Inquiets de la situation qui prévaut sur place, les populations riveraines vivant dans des décombres ayant subit la montée du mois d’Avril 2021 s’inquiètent des effets néfastes de ce nouveau cycle de la montée des eaux du lac dont; la résurgence des plantes hydrophiles attirant des hippopotames, des serpents marins, etc.


En Avril 2021, les eaux du lacs Tanganyika ont connu une montée historique de 1 mètre inondant des dizaines de milliers d’infrastructures de base dans des villes côtières côtières du Burundi, de la Tanzanie, de la Zambie et de la république démocratique du Congo, et laissant plus de 100,000 familles sans abris jusque là hébergés dans des maisons de fortune érigées dans des stades de football, des concessions vides et églises. Cette montée a laissé plusieurs infrastructures de base sous les eaux et entraînant l’apparition des zones humides à végétation constituée des plantes hydrophiles où apparaissent des poissons, des serpents de mer et d’autres amphibiens, papillons et vers de terre.


Jusque là, les autorités urbaines restent muets sur cette question quant aux mesures à prendre pour sécuriser la population et éviter un autre drame humanitaire comparable à celui enregistré durant la montée de 2021 ainsi que les inondations riveraines de 2020 dans la ville d’Uvira.
Depuis 2020, DRM Africa s’active pour trouver des solutions aux problèmes liés à la résurgence des catastrophes dans la ville d’Uvira en proposant un mécanisme de renforcement de la résilience des communautés exposées aux inondations ainsi que la mise en place des mesures d’adaptation aux effets directs et indirects des aléas naturels déjà enregistrés dans cette ville sinistre.Selon cette initiative, la mise en place d’un mécanisme d’alertes précoces multirisque revêt d’une importance capitale dans la mise en disposition des informations fiables nécessaires et temps reel sur les risques aux communautés exposées afin de leur permettre de bien se préparer en cas de catastrophe. M. Kashindi Pierre fustige l’implication de tous les acteurs y compris; le gouvernement Congolais, la Société ainsi que les services de météorologie pour permettre au mécanisme d’alertes précoces de diffuser des informations inclusives et fiables aux populations en danger.


Selon les données météorologiques, l’an 2022 enregistrerait des précipitations plus importantes pour ce 2022 par rapport à 2021; ce qui déclencherait une montée plus importante que celle enregistrée en 2021. Ceci s’avère être une mauvaise nouvelles pour les populations riveraines du lac Tanganyika dont, plus de 2500 infrastructures de base ont été répertoriées comme des infrastructures en risque d’effondrement en cas d’une montée d’au moins 1 mètre.
Afin de chercher une solution durable à la problématique de la montée des eaux du lac Tanganyika, une équipe de l’autorité du Lac Tanganyika; une institution sous-régionale chargée de la gestion des eaux de dernier, est descendue à la rivière Lukuga; le seul exutoire du lac pour s’enquérir de la situation du barrage de régulation des eaux du lac en état de délabrement très avancé.Après avoir fourni des recommandations consistant à réhabiliter cette barrage pour permettre l’évacuation à grande échelle de mètres cubes d’eau du lac à la rivière en cas des crues, le démarrage des travaux se font toujours attendre.


Et pendant ce temps, les eaux du lac ont débuté un nouveau cycle de montée des eaux qui devrait prendre fin vers le mois D’août, de quoi inquiéter les populations riveraines qui ne savent plus à quel Saint se vouer.