Congo Music Check : Lutter contre la désinformation en milieux artistiques

Depuis l’avènement des outils numeriques et les nouvelles technologies de l’information et de la communication, les efforts de démocratisation de la parole ont connu des avancées considérables. Ces avancées en matière de la liberté d’expression ont favorisé l’émergence de libération de la parole ayant bouleversé et impacté toutes les activites socio-économiques et humanitaires dans le monde y compris dans le domaine artistique. Désormais, personne ne peut se vanter d’avoir le monopole de la parole.

Avec l’arrivée des plateformes numerique de facilitation de la libération de parole et d’interactions, nombreux sont ceux dont leur vie dépend exclusivement de ces outils numeriques et parmi les exemples, nous pouvons citer le monde artistique.

En republique démocratique du Congo tout comme partout dans le monde, il est désormais facile de communiquer ses produits artistiques (musique audio, videos, posters, campagnes, concerts, etc.) à un large éventail d’internautes mélomanes éparpillées à travers le monde à seulement un click de clavier. D’autres artistes parviennent même à gagner des fonds grâce à l’utilisation des plateformes sous-traitantes (YouTube, Bandcamp, Spotify, Apple Music, etc.) pour vendre leurs œuvres en ligne moyennant quelques pourcentages de commissions soutirées en avance.

L’utilisation de ces nouvelles technologies pour libérer la parole et s’exprimer n’a pas seulement des avantages. Avec l’arrivées de ces outils, plusieurs défis majeurs restent à relever dans le domaine artistique selon M. Kashindi Pierre, expert en TIC et agent de développement durable notamment ;

  • Résurgence de la désinformation : les fakenews découlant de la création des faux comptes affectent considérablement plusieurs artistes. Et suite à la proliferation des fausses publications par des particuliers dans les réseaux sociaux au nom de certains artistes de renom, ces derniers investissent des sommes considérables pour démentir et démanteler les réseaux d’internautes « plagieurs ». D’autres artistes et leurs sponsors subissent des lynchages verbaux relatant des faits mensongers.
  • Manque du contrôle de l’information : il est difficile de contrôler toutes les informations en ligne et sur les medias traditionnels au nom de la liberté d’expression. Lors de la creation d’un compte sur les serveurs des plateformes de la GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), ces derniers exigent la lecture des termes et conditions d’utilisation avant tout ; ce dont les internautes ne font pas. Même s’ils le faisaient, ceci ne garantirait en aucun cas la prise en considération l’éthique et la bonne conduite sur l’utilisation de ces dernières.
  • Problèmes de l’authenticité et de la source de l’information : chaque information publiée en ligne a une source bien precise. Cependant, l’officialisation d’une information non officielle pour entacher la réputation d’un artiste ainsi que d’autres raisons stratégiques ont poussé plusieurs artistes à créer leurs comptes personnels. Mais comment détecter le compte officiel d’un artiste à celui créé par un particulier ? La creation des initiatives de fact checking partout au monde ont permis de réduire drastiquement la portée et les effets directs d’une désinformation. Mais ces processus suscitent un intérêt minime ou quasi inexistante vis-à-vis du monde artistique.
  • Etc.

S’attaquer aux abus de la liberté d’expression en ligne pour en éradiquer a été et restera toujours un long processus tant que le numerique se perfectionnera davantage – et c’est à nous de savoir surmonter les défis y relatifs et aussi savoir comment nous y prendre conclut Mr. Kashindi Pierre.  

D’où, la creation d’un cadre idéal contre la désinformation en milieux artistiques

Partout en republique démocratique du Congo, les artistes tant de renommé local, national et international continuent de subir les effets directs de campagnes de la désinformation de la part de leurs détracteurs. Certains artistes plus vulnerables voient refusés de contrats, leur carrière musicale prendre fin et s’effriter suite à une fausse information à leur égard. D’autres par manque d’espace d’expression, manque d’opportunités et suite à la détérioration de leur réputation, auraient pris la voie noble d’auto-isolation de la scene artistique.

La creation d’un cadre anti fakenews réunissant toutes les parties prenantes du monde musical à travers le pays notamment ; les artistes, les chroniqueurs musicaux, les sponsors ainsi que les medias autour de la lutte contre la désinformation revêt d’une importance capitale à l’heure du tout digital. Ces genres de cadres ont plusieurs avantages que d’inconvénients notamment ;

  • Aux artistes : de regagner la confiance de leur ‘’fan base’’ et redorer leur image auprès de la communauté résultante de son developpement financier.  
  • Aux chroniqueurs musicaux ; en publiant des informations vérifiées, neutres et authentiques,  
  • Aux sponsors et manageurs ; en ayant une idée globale sincere sur un artiste,
  • Etc.

La creation de l’initiative Congo Music Check  

Congo Music Check est la toute première initiative de fact checking orientée vers le monde artistique. Créée dans le cadre de la promotion des œuvres artistiques, CMC en sigle est une collaboration entre artistes, les medias et les monde managérial autour de la lutte contre la désinformation grandissante au sein du 7e art. les activites de l’initiative Congo Music Check se focalisent sur ;

  • La verification des faits sur les artistes, les medias et le monde managérial,
  • Le developpement d’une industrie musicale locale plus lucrative qu’avant,
  • Et la promotion et la facilitation d’une communication triangulaire Artistes-Medias-Managers/Sponsors pour un developpement inclusif.

Promotion du Fact Checking orienté vers les artistes,

Congo Music Check procède à la collecte des donnees et rumeurs sur terrain et en ligne, les analyse et les confronte avec l’artiste/manageur/chroniqueur ciblé à travers des émissions radio, video, et web.

Developpement de l’industrie musicale locale

Le developpement de l’industrie musicale locale a toujours été un sujet préoccupations de nombreux acteurs locaux. Comparativement à capitale Congolaise Kinshasa, l’industrie musicale dans le reste du pays peine à décoller. Selon plusieurs sources interrogées, ceci fait suite à plusieurs facteurs notamment ; le manque d’un environnement propice au developpement d’art en general. Cet environnement serait caractérisé par ;

  • Absence d’un mécanisme de promotion de l’industrie musicale locale,
  • Absence des mécanismes de respect des droits d’auteurs,
  • Tendances solitaires dans la promotion de l’industrie musicale locale,
  • Asphyxie du marché local au profit du marché extérieur de plus en plus puissant, expérimenté et diversifié,
  • Etc.

A cet effet, Congo Music Check attend au premier abord, créer un mécanisme de consommation locale et puis l’étendre au niveau international. Ceci serait possible grâce à creation d’un cadre collaboratif entre artistes, medias et sponsoring.

Creation d’une collaboration triangulaire pour le developpement de l’industrie musicale locale

L’une des causes du non décollage de l’industrie musicale locale est le manque d’un cadre collaboratif entre les artistes, leurs promoteurs ainsi que le corps managérial.

A cet effet, Congo Music Check attend adopter une approche plus collaborative à travers la mise en place d’un cercle triangulaire Artistes-Medias-Corps managérial pour sortir l’industrie musicale locale du trou profond dans lequel il est plongé. L’initiative tends à valoriser et promouvoir le role chaque composante de ce cercle triangulaire pour un résultat satisfaisant à tous et où chaque composante y trouverait son compte

En conclusion, une initiative de fact checking orientée vers le monde musicale comme Congo Music Check se veut comme une initiative ;

  • Des artistes/Medias/Corps managérial
  • Pour les artistes/Medias/Corps managérial,
  • Et par les artistes/Medias/Corps managérial

Blog rédigé par Rachel Kiyungi